Les 3 Cimes de Lavaredo, le bon géant qui ne dort jamais

Adham Koenderink

Updated: 26 Mai 2026 ·
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Les 3 Cimes de Lavaredo, le bon géant qui ne dort jamais

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Val Fiscalina photo de www.marieclaire.it
tilia
Générosité photo de www.marieclaire.it
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Chris Oberhammer photo de www.marieclaire.it

Les 3 Cimes de Lavaredo "veulent" être écrites en chiffres, pas en lettres, car la force des chiffres en montagne est tout (hauteurs, pistes, sentiers). Un colosse naturel qui demeure romantique malgré ses sommets, un choix de 115 kilomètres de pistes qui modifie la façon classique d'interpréter la neige. Depuis San Candido dans la vallée de Pusteria, l'un des villages de pèlerinage les plus anciens d'Italie, jusqu'aux sommets des Dolomites, le Haut-Adige a su conserver le goût d'un voyage différent, à chaque fois. Dans un changement climatique qui est évident et laisse son empreinte même sur des saisons de ski qui se raccourcissent, les demi-saisons incitent à des promenades en montagne et les petits villages évoluent, adaptant intelligemment leurs formes d'accueil.

Nous en prenons conscience un vendredi soir avec des plats signés, ceux sortis des mains du chef Florian Schweikl (membre de la Chaine des Rotisseurs) du restaurant Sexta Hora de l'hôtel Alpenblick à Sesto : un voyage entre les 3 Cimes de Lavaredo qui prend par la main l'invité et l'emmène faire du foraging le long d'un dîner riche en architectures culinaires (et ruisseaux de vins locaux et d'ailleurs). Si l'emplacement de l'hôtel Alpenblick est stratégique pour skier dans un rayon d'action vraiment confortable, ceux qui sont des traditionalistes au cœur calme aimeront passer un week-end dans le royaume de Franz Ladinser, propriétaire depuis des générations (depuis 1745) de l'Orso Grigio, un fier édifice sur la place de San Candido, ancien hôtel avec un précieux ventre : la cave qui privilégie d'excellents vins du terroir (mais ouvre à des voyages d'ailleurs) et permet des dégustations souterraines riches d'histoires et de passions (si l'on a la chance de s'asseoir avec Ladinser et d'écouter ses récits, l'un des premiers à surfer sur le lac de Braies et un humaniste du nectar des dieux).

Quand les neiges laissent le terrain et que les sommets se dégagent des nuages, les promenades dans la Val Fiscalina sont les impératrices de la saison : arriver aux pieds de l'une de ces 3 Cimes, filles d'efforts - exemple les courses de trail running - est chaque fois inestimable. Être inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO aide, mais il est indéniable que les Dolomites réussissent à ne pas se laisser altérer par aucune habitude. Qui connaît les habitudes et les sert avec grâce est le restaurant Winkelkeller, une institution de Dobbiaco qui, avec Braies, se disputent l'un des lacs les plus précieux de la région : leur cuisine est idéale pour une soirée après-ski, avec de grands classiques sur la table et chaleur dans l'ambiance.

Dégustations d'eaux, fermes locales soutenant la créativité, une vitrine en verre immergée dans la neige (ou sous le chaud soleil de printemps) est là où naît la sublime cuisine de Chris Oberhammer, chef du Tilia, un monde en miniature - très peu de tables - une étoile Michelin et l'idée de mener à bien le tour des saisons dolomitiques comme le raconte lui-même Oberhammer, auteur d'un projet spécial pour la région, le tour de Dobbiaco à Gardone Riviera, 300 kilomètres de course et de cuisine à 4 mains avec l'ancien marathonien Gianni Poli. En fin de compte, rien, pas même les 3 Cimes de Lavaredo ne doivent jamais être considérées comme acquises.