"J'ai surfé en hiver pour comprendre que c'est le sport le plus écologique du monde"

Adham Koenderink

Updated: 26 Mai 2026 ·
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Surf à Tenerife

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Faringe, laringe, sottoglottide, trachea. Pour vraiment affronter l'océan, peut-être, il faut se laisser traverser par l'océan lui-même. Salé, amer, salé, une pointe de douceur, extrêmement salé. Pour connaître l'océan, peut-être, il faut savoir quel goût il a. Une respiration oui, une non, une coupée, une de nouveau non et puis une autre profondément. Pour comprendre l'océan, peut-être, il faut oublier un instant que tout le reste existe. Même votre corps. J'ai une combinaison de surfeur

une couronne de cheveux ébouriffés qui couvre une bonne partie de ma vue, et une planche qui me reste d'un côté et me laisse libre de l'autre, comme les personnes qui vous aiment vraiment. Et je me laisse aimer, presque dorloté, par elle, pendant que j'essaie de marcher et de nager ensemble sur la côte de la meilleure plage à Tenerife. Là où tout le monde peut voir où finit l'une des métaphores/clichés de la vie qu'on nous raconte depuis notre naissance. Être l'artisan de son propre destin. Que signifie être l'artisan de son propre destin ? À Playa de Las Americas à Tenerife, où les rochers sont frappés par l'Océan Atlantique, par exemple, être l'artisan de son propre destin signifie n'avoir rien mais avoir tout. Cela signifie n'avoir rien à disposition pour défier Mère Nature et ses vagues glacées. Cela signifie avoir tout ce qui est nécessaire, c'est-à-dire un couple de jambes et de bras entraînés au besoin, et un radeau à la pointe, pour se lever et se regarder en s'observant dans la mousse en dessous de vous pendant une poignée de secondes. Le temps de surfer une vague, le temps suffisant pour savoir qu'il y a beaucoup de perspectives dans la vie, mais si vous ne vous penchez pas au-delà de l'horizon, il est peu probable que vous les voyiez.

J'ai une bouteille de bière glacée, la combinaison dégoulinante et remplie de sable ocre des Canaries et, en direct du fossé que je fais en m'enfonçant sur le rivage, je pense qu'une session de surf avec Reef à Tenerife a été mieux qu'une séance de psychanalyse. Ou une leçon de yoga, pour être radical et pas trop radical. C'est avec la marque de beachleisure, fondée en 1984 en Argentine par les frères Fernando et Santiago Aguerre, que je découvre l'île de la éternelle printemps, que surfer ne veut pas dire jouer à celui qui a la vague la plus longue, que rester à la plage n'est pas seulement rester mais, surtout, partager. Partager une vague, un coin de serviette, une cerveza délicatement débouchée avec la semelle astucieuse d'une sandal Reef Fanning avec ouvre-bouteille. Oui, ils existent vraiment, oui, ils sont absolument géniaux, oui, ils portent le nom du surfeur australien triple champion du monde Mick Fanning.

Il y a trente ans, lorsque les hashtags n'existaient pas et que

n'avait pas encore inventé des expressions qui commençaient par stay, les deux frères argentins construisaient grain par grain leur marque, avec un objectif unique en tête (fêtes en villa au coucher du soleil & pinte & vin rouge à part) : rester sablonneux, profiter librement de la plage. C'est-à-dire aller à la plage librement, avoir le courage de s'enliser jusqu'au bout, soyez vous-même quand vous surfez, faites un barbecue, passez le détecteur de métaux, construisez des châteaux de sable, buvez en pleine journée, jouez de la guitare devant le feu de camp... la plage comme vous l'entendez.

Essayant moi aussi de rédiger mon propre manifeste personnel du beachisme conscient, j'écris en lettres capitales sur le rivage des messages de bonheur. Qui certes ne dureront que quelques instants sur le sable, mais à vie dans ma tête qui fait encore avant et arrière, (in) suivant le rythme des vagues. Peut-être le surf sur l'Atlantique c'est aussi ça, des éclairs de romantisme inattendus. Comme lorsque le surfeur le plus charismatique (et au-delà) de Cornouailles (et au-delà) vous avoue qu'en équilibre sur un tunnel d'eau, il cherche toujours le regard de sa petite amie qui l'attend sur la terre ferme. Comme lorsque le nettoyage de plage sur la plage El Cabezo à Tenerife se transforme en la scénographie lunaire d'un de ces films d'action mais qui se terminent bien. Comme lorsque j'apprends que ramasser des micro morceaux de plastique cachés entre le sable, cela s'appelle

sécher les larmes de sirène. Surtout si c'est une surfeuse ambassadrice de Reef qui vous l'explique, ressemblant vraiment à une sirène, et qui manie avec soin à la fois les 73 cotons-tiges trouvés en 2 heures, et une planche de surf de 2 mètres.

garder les plages propres n'est pas seulement une question environnementale ou de bonnes manières... pour nous qui restons jusqu'à quatre heures dans l'eau, c'est aussi une question de santé ! Pense à combien de bactéries auraient pu se former à partir des 30 canettes que nous avons ramassées.

Jeter par terre, c'est jeter en mer

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déclaration le slogan de l'organisation, la porte-parole de Surfrider Foundation Europe. Une ONG créée dans les années 90 par des surfeurs écoresponsables et qui compte aujourd'hui des milliers de bénévoles et de supporters, Reef en premier.

La même marque argentino-californienne (los hermanos Aguerre se sont ensuite installés sur la Côte Ouest, appelez-les fous...) qui mène des projets monumentaux au nom de la culture marine. Du Reef Redemption, mission au soutien des communautés rurales les plus nécessiteuses, aux collections Reef Escape, réalisées en matériaux sans PVC et biodégradables. Car il est possible de faire la différence, avec la même naturel avec laquelle on laisse ses yeux se bercer par un coucher de soleil caramélisé. Car il est possible (et adrenaline) d'apprendre à prendre de la terre (la longue vague) et de rendre, toujours à la terre, sa beauté douce et sincère. Comme peut l'être une vague.