La forêt qui provoque : voyage dans le Jardin de Daniel Spoerri

Adham Koenderink

Updated: 26 Mai 2026 ·

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La forêt qui provoque : voyage dans le Jardin de Daniel Spoerri

photo de www.marieclaire.it

Niché dans un lieu appelé Paradiso, sur le paysage vallonné du mont Amiata entre Seggiano et Pescina, le Jardin de Daniel Spoerri est un lieu surprenant, créé par l'artiste suisse éponyme, père de l'Eat Art. En franchissant le portail d'entrée, le visiteur découvre un long parcours parsemé d'œuvres d'art contemporain, qui continue aujourd'hui à s'enrichir de nouvelles créations selon la volonté de son fondateur.

Découvrons donc un peu plus sur cette adresse fascinante à visiter au moins une fois dans sa vie lors d'un voyage en Toscane.

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Le Jardin de Daniel Spoerri selon l'idée de l'artiste : quand la forêt devient toile

Atlantide Phototravel//Getty Images photo de www.marieclaire.it

La naissance du Jardin de Daniel Spoerri s'inscrit pleinement dans le parcours de recherche artistique de son auteur. Après avoir vécu à Paris, Düsseldorf, Simi et dans de nombreux autres lieux, le danseur, chorégraphe et peintre roumain naturalisé suisse arrive à Arcidosso en Toscane au début des années 90, puis se déplace à Seggiano en 1992 pour trouver ici l'inspiration adéquate pour son immense projet.

Construit autour de son habitation-atelier, le jardin est conçu comme un parc-musée peuplé de sculptures et installations. Ouvert au public après cinq années de travaux, depuis 1997, l'idée originale continue de s'enrichir grâce aux interventions de collègues et collaborateurs de Spoerri, qui en font un lieu pluriel tout en restant cohérent avec l'intuition initiale.

Aujourd'hui encore, le parc est en perpétuel agrandissement sous la direction de Susanne Neumann, sa directrice, et de la fondation homonyme, créée justement lors de l'inauguration. L'intention de Daniel Spoerri de transformer le territoire en un journal de poèmes, comme il aimait le définir, se poursuit à travers l'insertion de contributions extérieures.

Sculptures immersives : entre ironie et surréalisme dans le Jardin de Daniel Spoerri

À l'intérieur du Jardin de Daniel Spoerri, il est donc actuellement possible d'admirer 115 œuvres, signées par divers artistes du monde entier et éparpillées sur une superficie d'environ 16 hectares entre Seggiano et Pescina sur le mont Amiata. Alternant espaces herbeux et bosquets, le parcours d'exposition, que l'on pourrait croire aléatoire, devient ainsi une longue exposition d'art contemporain camouflée dans le paysage, en plus d'une collection de spécimens botaniques unique en son genre.

Dans ce sens, l'inscription qui accueille le visiteur à l'entrée est emblématique : Hic Terminus Haeret, une expression latine à traduire par "ici se terminent les frontières", une invitation à abandonner les préjugés et à se laisser aller à l'inattendu. En se déplaçant sur de douces pentes, on peut ainsi observer le dialogue continu entre l'art et la nature sans parcours obligatoires, où l'ironie et le surréalisme s'alternent pour décrire un paysage saisissant et surprenant.

L'œuvre la plus emblématique, cependant, est sans aucun doute la Chambre n.13 de l'Hôtel Carcassonne Paris, reproduction en bronze pesant cinq tonnes des intérieurs de la chambre parisienne où a commencé l'aventure artistique de Spoerri et le mouvement de l'Eat Art, qu'il a lancé dans les années 60.

Un parcours changeant : saisons, lumière, matière

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Les œuvres du Jardin de Daniel Spoerri tracent ainsi un long parcours à parcours à couvrir en environ trois heures, où nature et intervention humaine créent une harmonie parfaite exaltant l'une l'autre. Des artistes tels qu'Eva Aeppli, Jean Tinguely, Arman et le même Spoerri ont introduit des sculptures réalisées dans divers matériaux qui, jouant avec les saisons et la lumière différente chaque jour, donnent vie à un parcours toujours nouveau captivant le visiteur et stimulant le désir de découverte.

On y trouve donc des œuvres en bronze, telles que le Bibendum, la Colonne du renouveau, l'Idole, le Petit déjeuner éternel ou Le jouet à hacher, toutes sculptées par Daniel Spoerri, à côté d'Othello et Desdémona, réalisées en tissu, fer et moteur par Aeppli et Tinguely, du Monument sédentaire d'Arman en fer, charrues, morgani et râteaux, ou du Dragon de Paul Wiedmer en fer, lierre et vigne. Un mélange de matières premières et de styles qui n'a jamais perdu sa cohérence, à découvrir avec émerveillement à pied.

Jardin de Daniel Spoerri : informations pour la visite

Perle de Seggiano qui s'étend entre le village éponyme et la localité voisine de Pescina, le Jardin de Daniel Spoerri se trouve le long de la Route Provinciale Pescina et est facilement accessible en voiture en empruntant la SS223 et en suivant les indications pour Paganico. À Castel del Piano, il est enfin nécessaire de tourner en direction du Mont Amiata, puis de continuer vers Seggiano.

Les mois d'ouverture du parc vont d'avril au début de novembre, avec des dates pouvant varier d'année en année et l'horaire 10:00-20:00 tous les jours de la semaine. Il est donc conseillé de visiter le site officiel avant de programmer sa visite. Pour accéder, il est nécessaire d'acheter un billet au prix de 14 euros pour les adultes et de 11 euros pour les étudiants, tandis que l'entrée est gratuite pour les moins de 8 ans.

À l'intérieur du jardin, des appartements sont également disponibles pour séjourner, ainsi qu'un bar-restaurant proposant un menu à base de produits typiques faits maison.

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