Une couple a refait le voyage de "Thelma & Louise" pour explorer la condition des femmes qui voyagent seules

Adham Koenderink

Updated: 26 Mai 2026 ·

Thelma & Louise : Un voyage à la découverte de l'Amérique

Le livre et le voyage

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David Buttow photo de www.marieclaire.it
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Catherine Faye photo de www.marieclaire.it
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Catherine Faye photo de www.marieclaire.it
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Catherine Faye photo de www.marieclaire.it
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Catherine Faye photo de www.marieclaire.it
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À la vie à la mort photo de www.marieclaire.it

À quatre mains, elles avaient déjà écrit un livre sur le fil d'un voyage en Mauritanie, Catherine Faye et Marine Sanclemente. En ce début d'année, les deux journalistes françaises repartent sur la route avec un livre dédié à Thelma & Louise, À la vie à la mort. En reprenant l'itinéraire des deux personnages iconiques du film de Ridley Scott, elles partent à la découverte d'une Amérique dont on parle moins, celle des rednecks mais aussi d'espaces immaculés, absolus. À travers l'Arkansas, l'Oklahoma, le Nouveau-Mexique, l'Utah et l'Arizona (plus de dix mille kilomètres parcourus), elles racontent l'Amérique à travers des rencontres fortuites, car "elles font confiance à la route". Croisant des activistes pro-armes, des idéalistes et des solitaires en marge, des cow-boys et des Indiens de la tribu des Navajos mais aussi des artistes bohèmes. Fraîchement sorti dans les librairies françaises, on pourrait espérer une (rapide) traduction italienne : le manuscrit est en lecture dans plusieurs maisons d'édition italiennes. Interview avec deux journalistes qui ont le voyage dans le sang.

Comment est née l'idée du livre ? Catherine : L'idée est née par hasard dans un bar à Nantes. Marine et moi assistons à une scène de violence où un homme tente d'embrasser de force une femme. Je réagis de manière instinctive, charnelle, et je l'expulse. Cette réaction me surprend, je me suis levée d'un coup et ce mode d'action, sans réfléchir, a été exactement ce qui arrive à Louise dans le film.... Bien sûr, je ne tire sur personne [rit, ndr]. Et c'est justement à ce moment-là, malgré nos trente ans de différence avec Marine, que nous pensons toutes deux à Thelma & Louise.

Vous partez alors sur la route en parcourant dix mille kilomètres, reprenant le parcours du film. Avez-vous des attentes, des rencontres que vous souhaitiez faire ? Marine : En réalité, nous ne partons jamais avec des attentes précises. Nous laissons beaucoup de place à l'improvisation. C'est aussi une manière de ne pas être déçues par le voyage. C : Oui, exactement. Nous nous abandonnons à la surprise, aux rencontres inattendues. Nous faisons confiance à la route. C'est précisément ça le sens du voyage pour nous. Nous vivons l'aventure comme elle vient, laissons place au hasard et à l'inattendu et la surprise apparaît au fil de la route. C'est comme tirer un fil : une personne nous fera rencontrer l'autre.

Des rencontres donc toujours fortuites... C : Oui, même si à un certain moment nous souhaitions rencontrer Callie Khouri, la scénariste du film, mais il a été impossible de la contacter. Je trouve que l'expression "un mal pour un bien" s'applique parfaitement à cette situation. Nous avions cette idée en tête mais nous n'avons pas réussi et... tant pis ! Parce que le voyage nous a offert de nouvelles possibilités, de nouvelles façons de penser, de nouvelles connexions. Nous avons découvert d'autres choses grâce à des rencontres avec des personnes "réelles", croisées le long de la route.

Dans le livre, vous écrivez que vous êtes comme des chercheuses d'or. Quelles sont les pépites que vous avez trouvées ? M : Nous pouvons considérer que chaque rencontre est une pépite ! Et bien sûr, les pépites sont aussi les paysages, la nature des lieux. Dans le film, on ne rend pas compte de cette dimension verte, de forêts immenses. C : Justement dans cette approche avec la nature, deux rencontres ont été particulièrement significatives : celle avec la peintre Georgia O'Keeffe et avec Louis Williams, de la tribu des Navajos. Ils nous ont offert des clés de lecture pour se lier plus intensément aux éléments, de manière presque spirituelle. C'était une pépite de pouvoir aller plus loin [dans nos réflexions, ndr]. Mais sans une dimension extravagante, juste comprendre qu'on appartient à cette planète et le soin qu'il faut lui accorder. Car même si nous avons traversé des paysages aux écosystèmes encore préservés, le réchauffement climatique et la main de l'homme ont été palpables partout. Tout le monde nous en a parlé, de la tribu des Navajos aux cowboys et cowgirls. Quand tu vois le fleuve Colorado qui se dessèche rapidement, cela provoque une émotion, et pas positive. Je dirais que la pépite est d'avoir pu comprendre ces connexions, de les ressentir et d'essayer de transmettre ce qui nous a été dit.

Si vous deviez citer un chapitre, une rencontre que vous avez particulièrement aimé écrire ou qui vous a marqué ? M : J'ai adoré écrire le chapitre sur Jan Morgan, la propriétaire du centre de tir et pro-armes. Mais aussi celui sur le sex-shop, car ce sont des anecdotes amusantes à écrire, où le récit est au centre. C : Pour ma part, j'ai adoré écrire le chapitre sur Zinc, la ville des mineurs [siège aussi du quartier général du Ku Klux Klan, ndr] car cela pousse plus loin dans tes questions, tu vois combien la frontière entre le bien et le mal est ténue. Ce sont des moments forts.