Livre de table de café Forte dei Marmi
À propos du livre
La reine de la côte toscane a un nom masculin, comme Lady Oscar. Le Forte, officiellement connu sous le nom de Forte dei Marmi en Versilia, est le locus amoenus de la culture pop, passant des années soixante de villégiatures et de vedettes entre les cabines colorées au bord de la plage, à la narration cinématographique rétromaniaque de Sapore di Mare, dans la pluie qui emporte les amours d'été. Aujourd'hui, ce sentiment du Forte revient, ravivé et vivant, dans un magnifique volume publié par Assouline, sobrement intitulé Forte dei Marmi. Il suffit du nom pour faire briller d'un glamour rétro l'imaginaire collectif de la localité emblématique de la Versilia, ancien village de pêcheurs devenu refugium peccatorum de la haute société (et pardonnez-nous les latinismes), lorsque l'ascenseur social montait et descendait rapidement à travers l'Italie.
On glisse lentement entre les mots du Prix Strega Edoardo Nesi et les photos qui accompagnent un nouveau récit de Forte dei Marmi aujourd'hui, entre les parasols sorbet qui identifient les différents beach clubs auxquels rester toujours fidèles, transmis de génération en génération comme un héritage immatériel et culturel, et les terrains de tennis qui ont contribué à façonner des générations de coups droits et revers jamais affectés par l'imbarbarimento du racquet sur la plage. D'autre part, "Je viens au Forte depuis que je suis né" n'est pas une phrase toute faite, mais une carte de visite qui rééquilibre le scepticisme des locaux vis-à-vis des touristes, écartant les occasionnels au profit d'une longue fréquentation symbolique qui rend les étrangers pratiquement des égaux.
Le regard de la mer se tourne vers les Alpes Apuanes qui enveloppent les criques, à la recherche des carrières de marbre qui ont contribué à des chefs-d'œuvre artistiques depuis Michel-Ange jusqu'à aujourd'hui, aujourd'hui protégées comme patrimoine environnemental absolu dans leur fragilité corazzata. Et elles semblent un peu l'antithèse du Forte, qui a préféré des certitudes à certains tremblements, sans se laisser éroder par les sirènes de la contemporanéité. L'avenir n'est pas écrit, le passé n'est pas oublié. Le présent de Forte dei Marmi dans le livre semble se cristalliser seconde après seconde dans un temps éternel, un maillot de bain virevoltant en Vespa, un vélo décoloré par le sel, les urgences du monde qui s'arrêtent devant l'essence des vacances.